Des années durant, le marché du NAS s’est résumé à un duel entre Synology et QNAP auquel se sont invités par la suite ASUSTOR et Terramaster. Depuis peu, un cinquième acteur a le vent en poupe : Ugreen. Ses produits sont largement salués par les utilisateurs et les experts, et l’arrivée du NASync DXP4800 GT brouille encore un peu plus les cartes.
- Châssis métallique robuste
- CPU puissant et iGPU intéressant
- 2x RJ45 10GbE agrégeables
- 2x M.2, 2x U.2/SATA, 2x SATA
- 8 Go de RAM extensibles à 64 Go
- 64 Go d'eMMC (système)
- Lecteur de cartes SD pratique
- Portail d'applications succinct
- Logiciel encore en chantier
- Consommation du CPU
- "Seulement" 2 ports U.2 ?

Un design moderne, bien pensé
On aura beau dire, ce n’est pas avec le design d’un NAS que l’on peut réellement se différencier de la concurrence. Rien ne ressemble plus à un NAS… Qu’un autre NAS. Pourtant, avec le DXP4800 GT, comme il avait pu le faire avec ses précédentes incursions dans le secteur, Ugreen apporte une petite touche de fraîcheur.
Notez les nombreuses LED de contrôle en face avant. ©Nerces pour Clubic
Si le format reste celui d’un parallélépipède et que la robe noire compose l’essentiel de la silhouette de la bête, Ugreen intègre quelques liserés « dorés/ocres » du plus bel effet. De plus, à l’avant du NAS, sur les tiroirs pour les unités de stockage, des numéros (également bruns/ocres) viennent souligner cette originalité esthétique. C’est propre et ça change un peu.
Pour le reste, on retiendra surtout la relative compacité de ce modèle dont les dimensions sont de 25,75 centimètres de long pour 17,8 cm de large et 17,8 cm de profondeur. Si on a connu bien plus volumineux, le DXP4800 GT doit cette compacité à sa brique d’alimentation externe. Nous ne sommes pas fans de la solution à la rédaction de Clubic, surtout pour un modèle quatre baies, mais cela a toutefois ses avantages.
Le bloc d'alimentation est en revanche relativement encombrant (16,5x7x3,3 cm pour 490 grammes), mais c’est qu'il assure une puissance de 150 watts maximum. D’ailleurs, puisque nous parlons de poids, il est bon de souligner que, vide, le NAS Ugreen accuse tout de même 3,8 kg sur la balance : c’est que le bébé est relativement dense du fait de l’utilisation d’un châssis entièrement en métal.
Si le poids est important, cela garantit la robustesse d’un NAS pour lequel on ne se fait pas vraiment de souci : il est conçu pour durer. Il est toutefois aussi conçu pour la modernité avec une connectique abondante, quoique surtout placée sur l’arrière du produit. À l’avant, on peut tout de même compter sur deux USB 3.2 Gen2 (1 Type-C et 1 Type-A) en plus d’un lecteur de SD et de six LED de contrôle dont une est intégrée au bouton de mise sous tension.
Pluie de petits accessoires avec même des pad thermiques M.2. ©Nerces pour Clubic
Sur l’arrière, c’est logiquement plus complet encore avec 1x HDMI 2.0 (4K@60 Hz), 2x USB-A 2.0 (480 Mbps), 1x USB-A 3.2 Gen 2 (10 Gbps) et 1x jack d’alimentation, mais la connectique réseau est de loin la plus intéressante : deux ports RJ45 10 GbE sont en effet de la partie. Ugreen assure aussi l’essentiel avec un bouton de réinitialisation et, bien sûr, une large grille pour le ventilateur de 120 mm. Amusant, la grille est doublée d’un filtre alors que le flux d’air va plutôt vers l’extérieur, mais bon…
Fonctionnalités et interface logicielle
Contrairement aux derniers NAS UGREEN que nous avons testés à Clubic, le DXP4800 GT adopte une méthode plus classique, et plus fonctionnelle aussi, pour l’insertion des unités de stockage : quatre tiroirs sur lesquels on fixe le plus simplement du monde des disques 2,5 ou 3,5 pouces. En revanche, le NAS se distingue par l’utilisation de deux ports U.2/SATA en plus de deux SATA. Le U.2 n’est rien d’autre qu’un SSD PCIe au sein d’un boîtier 2,5 pouces.
Le U.2 signe donc de meilleures performances, mais coûte aussi bien plus cher. Peut-être la raison pour laquelle Ugreen n’en met que deux. Rappelons que la marque fait cette confiance à AMD avec une puce Ryzen R2514 dotée de 4 cœurs/8 threads. Elle fonctionne, de base, à 2,1 GHz, mais grimpe à 3,7 GHz en mode boost. Elle est dotée d’un iGPU Radeon Vega 8 et peut compter sur 8 Go de mémoire vive DDR4, extensibles jusqu’à 64 Go.
Trois M.2 au format 2280 et un unique port SO-DIMM, occupé. ©Nerces pour Clubic
Le sous-système mémoire est compatible ECC, mais la barrette livrée ne l’est pas. Augmenter ou simplement modifier la RAM se fait sans difficulté, via une trappe sous le NAS. Une trappe qui donne également accès aux deux ports M.2 proposés. Notez que ces derniers peuvent autant servir pour créer du cache que pour augmenter la capacité de stockage. En revanche, ils ne peuvent héberger le système : celui-ci est stocké sur les 64 Go d’eMMC intégrés par Ugreen.
Cette intégration de mémoire eMMC est une habitude chez Ugreen, elle aura ses adeptes et ses critiques. Elle héberge donc le logiciel système des NAS de la marque, UGOS Pro. Pour y parvenir, rien de plus simple : on branche tout notre matériel et on lance tout bêtement le logiciel qui servira autant à détecter le NAS sur le réseau qu’à procéder à l’installation du logiciel. Notez qu’il est tout à fait possible d’installer le NAS via l’application smartphone. À vous de choisir.
Le NAS repéré sur le réseau (via le logiciel Ugreen NAS ou via le QR-code sous la machine), il suffit de suivre les instructions qui se distinguent par leur clarté : même le néophyte ne devrait pas avoir de mal à boucler l’installation. Accès à distance, pool de stockage, compte local et dossiers partagés sont évoqués pendant que le système se configure. L’utilisateur se voit juste demander le nom qu’il veut donner à la machine, son login et son mot de passe. Ensuite seulement, une fois que la procédure est achevée, on arrive sur le bureau du NAS et l’assistant se poursuit.
Chaque étape du processus est présentée de manière didactique. ©Nerces pour Clubic
Parfaitement désactivable, l’assistant guide alors l’usager à travers les principales fonctionnalités du NAS et, en particulier, la configuration de l’espace de stockage. On sélectionne les disques à utiliser, on opte pour un style de RAID (JBOD, RAID 0, RAID 1, RAID 5, RAID 6 ou RAID 10) et on détermine le système de fichiers du premier volume sachant que l’on peut en configurer plusieurs et terminer cette opération plus tard. Une fois encore, l’assistant peut prendre le relais pour nous présenter une autre fonctionnalité, les dossiers partagés.
Les assistants se retrouvent à tous les niveaux. ©Nerces pour Clubic
Cette accessibilité est la bienvenue, même si elle est plus importante sur les petits NAS de la marque, NASync DH2300 et NASync DH4300 en tête. Nous n’entrerons pas ici dans d’infinis détails, mais sachez que toutes les options les plus classiques de gestion d’utilisateurs, de groupes et de partages sont disponibles. Notez aussi que Ugreen a fourni d’importants efforts pour que toutes les options soient aisément accessibles, toujours très claires dans leur présentation. On sent ici que Ugreen emprunte largement à ses concurrents, mais puisque c’est pour la bonne cause !
Tous les services traditionnels d’un NAS sont présents. ©Nerces pour Clubic
En revanche, nous le disions sur les tests des précédents NAS Ugreen et cela reste d’actualité : la marque souffre encore de sa jeunesse et pas mal de fonctionnalités « extra » manquent à l’appel. En effet, le portail d’applications est sans doute l’un des plus pauvres du secteur. À l’heure où nous écrivons ces lignes, seulement 31 modules sont disponibles sur le portail et, bien sûr, pas mal d’outils sont aux abonnés absents. Remarquez, des progrès notables ont déjà été enregistrés et, à titre d’exemple, Jellyfin y fait son entrée.
La gestion multimédia est efficace sur le NASync DH4300 Plus. ©Nerces pour Clubic
Nous manquons aussi de tout ce qui est outils de travail collaboratif : l’outil Office en ligne n’est par exemple pas encore au niveau pour remplacer les tâches bureautiques partagées d’un Google Docs ou d’un NextCloud. En revanche, machines virtuelles, home assistant, coffre-fort de sécurité, centre de surveillance vidéo et gestion des téléchargements sont de la partie. De plus, le module Docker sera toujours là pour apporter des solutions complémentaires, même si c’est un peu compliqué pour les débutants. Bien sûr, des modules audio (Musique), photo (Photos) et vidéo (Théâtre) sont présents pour gérer tous nos fichiers.
Autre atout intéressant qui n’a cette fois que peu d’équivalents : Ugreen se montre très ouvert dans l’utilisation de son interface. Il est ainsi possible d’utiliser le soft Ugreen NAS, mais aussi d’accéder au NAS via son navigateur Web : l’interface est alors rigoureusement identique. Enfin, l’application smartphone Ugreen NAS (Android/iOS) regroupe elle aussi toutes les fonctions et évite d’avoir à se tourner vers plusieurs outils. Pratique. Enfin, notons la simplicité d’utilisation imaginée par Ugreen qui intègre une puce NFC dans la façade de son NAS : il suffit d’approcher le smartphone pour lancer le téléchargement de l’application.
Tous les modules sont intégrés à un seul outil smartphone. Pratique. ©Nerces pour Clubic
Échauffement, nuisances sonores et performances
Vous en avez l’habitude, pour tester le comportement et les performances de nos NAS, nous utilisons à la fois des SSD et des disques durs à plateaux, traditionnels. En l’occurrence, il s’agit de Kingston DC600M de 960 Go et de Seagate IronWolf de 4 To. Nous n’avions pas de SSD U.2 sous la main. Le NAS est ensuite connecté à une infrastructure réseau basée sur un Switch QNAP QSW-M3224-24T, 10 GbE, bien sûr.
Seagate IronWolf (stockage) et Kingston DC600M (performances). ©Seagate/Kingston
Comme toujours, les premiers tests se passent sur CrystalDiskMark afin de vérifier les débits que l’on peut obtenir. En lecture, c’est impressionnant : le contrôleur 10 GbE fait merveille et nous dépassons même les 1 100 Mo/s. En revanche, petite déception en écriture, car il faut ici se contenter de 775 Mo/s. Rien de dramatique, mais tout de même.
Débits/IOPS CrystalDiskMark : fichiers 1 Go, RAID 5, 5 GbE. ©Nerces pour Clubic
Nous modifions ensuite les réglages de CrystalDiskMark afin de troquer les fichiers de test de 1 Go pour des fichiers de 64 Go. Comme souvent, cela ne change pas grand-chose aux résultats : en lecture, cela reste excellent à 1 130 Mo/s et nous retrouvons la petite faiblesse en écriture à 759 Mo/s. Enfin, les 13k IOPS sont plus que corrects pour un tel produit.
Débits/IOPS CrystalDiskMark : fichiers 64 Go, RAID 5, 5 GbE. ©Nerces pour Clubic
Pour évaluer un NAS, nous choisissons toujours de le placer en situation à la place de notre modèle personnel. Avec le NASync DXP4800 GT, cette étape est passée « comme une lettre à la Poste ». Aucun problème à signaler, aucun dysfonctionnement. Attention tout de même, les 8 Go de RAM peuvent être un peu légers pour des tâches lourdes. Ils nous semblent d’ailleurs un peu en décalage par rapport à la puissance CPU : Ugreen a sans doute dû composer avec la hausse de la RAM, mais elle reste évolutive. Heureusement.
Débits en écriture sous Windows 11 en RAID 5, 5 GbE. ©Nerces pour Clubic
Sans entrer dans d’infinis détails, nous avons l’habitude de refléter cet usage au quotidien avec deux petites captures de la copie de fichiers via l’explorateur de Windows 11 (en SMB, donc) avec une très grosse archive de plusieurs dizaines de gigaoctets. En lecture depuis le NAS, nous sommes un peu déçus par l’inconstance des résultats et la moyenne à « seulement » 666 Mo/s : regardez la courbe, le débit fluctue pas mal. En écriture, c’est étonnamment bien plus stable, mais la moyenne reste un peu décevante à 433 Mo/s. On est loin de saturer l’interface 10 GbE.
Notez que, nous l’avons dit précédemment, Ugreen autorise, comme sur tous ses NAS, l’agrégation de liens. Elle permet de regrouper les deux connecteurs RJ45 afin de profiter d’une bande passante presque doublée. Attention cependant, pour profiter de l’association de deux ports 10 GbE, il faut un réseau pour le moins robuste !
Nos mesures se poursuivent pour vérifier l’échauffement, les décibels et la consommation. Côté température, le maximum relevé est de 58,8°C au niveau du CPU. Rien de bien gênant, d’autant que les disques durs sont plus au frais encore, avec un maximum de 42,4°C. Le refroidissement du NAS se fait sans nuisances excessives : 30,2 dB au repos et jusqu’à 39,1 dB lorsque nous poussons l’unique ventilateur à son maximum. Enfin, la consommation est un peu élevée, mais ça reste correct pour un NAS quatre disques aussi puissant : jusqu’à 76,4 watts, on se demande donc un peu pourquoi Ugreen livre un bloc d'alimentation certifié pour 150 watts. Au moins, on est tranquille.
Bouclons comme toujours le test d’un NAS doté d’au moins trois baies par une petite vérification du temps nécessaire à la reconstruction d’une pile RAID 5 après simulation d’une panne. Notre volume est ainsi constitué de 100 Go répartis en huit gros fichiers et de 10 Go répartis en plus de 4 000 petits fichiers. Là, l’intégration d’un Ryzen 2514 prend tout son sens et le NASync DXP4800 GT fait des merveilles avec un tout petit peu moins de sept minutes. On a rarement fait aussi bien.
UGREEN NASync DXP4800 GT, l’avis de Clubic
Les NAS Ugreen se suivent et les conclusions se ressemblent : la marque fait des étincelles pour son entrée dans cet univers si particulier. Si l’évolution du logiciel suit la qualité du matériel, on peut dire que les « historiques » du NAS ont de gros soucis à se faire. Le NASync DXP4800 GT peut déjà être considéré comme une référence du genre.
Le châssis est une petite merveille qui parvient, ça ne gâche rien, à nous offrir une esthétique plus que correcte. Cela reste un NAS et, donc, un « gros bloc », mais les petites touches « dorées/ocres » sont du plus bel effet. La conception interne n’est pas plus critiquable : évolution de la RAM, ajout de SSD M.2, mélange d’unités U.2 et SATA, processeur puissant, ventilation adéquate. C’est pour ainsi dire un sans-faute à ceci près que la limite à deux ports compatibles U.2 interroge.
Finissons sur la partie logicielle. C’est là que Synology imprime sa marque. C’est là aussi que Ugreen pêche encore, jeunesse oblige. Les progrès sont réels et l’interface est d’excellente facture : claire et réactive, aussi efficace pour les habitués que pour les néophytes. Hélas, les fonctionnalités manquent encore à l’appel et si la compatibilité Docker apporte, cela reste insuffisant. Mais Ugreen progresse et le NASync DXP4800 GT apparaît d’ores et déjà comme une belle réussite, surtout que son prix n’a rien de scandaleux.
- Châssis métallique robuste
- CPU puissant et iGPU intéressant
- 2x RJ45 10GbE agrégeables
- 2x M.2, 2x U.2/SATA, 2x SATA
- 8 Go de RAM extensibles à 64 Go
- 64 Go d'eMMC (système)
- Lecteur de cartes SD pratique
- Portail d'applications succinct
- Logiciel encore en chantier
- Consommation du CPU
- "Seulement" 2 ports U.2 ?
Fiche technique Ugreen DXP4800 GT
Résumé
| Type de processeur | AMD Ryzen Embedded R2514, 4 cœurs, 8 threads, 3,7 GHz |
| Norme(s) ethernet | 10 Gbps Gigabit Ethernet (10 GbE) |
| Nombre maximal de disques supportés | 4 |
| RAID supporté | Oui |
| Système de fichier | Btrfs, Ext4 |
Processeur
| Type de processeur | AMD Ryzen Embedded R2514, 4 cœurs, 8 threads, 3,7 GHz |
| Taille de la mémoire | 8Go |
| Type de mémoire | DDR4 |
Réseau
| Norme(s) ethernet | 10 Gbps Gigabit Ethernet (10 GbE) |
| Connecteur(s) Réseau | LAN - Gigabit Ethernet |
| Wake On LAN | Oui |
| Bluetooth | Non |
| Wi-Fi | Non |
| Certification DLNA | Oui |
Stockage
| Format de disque | M.2, 3" 1/2, 2" 1/2 |
| Nombre maximal de disques supportés | 4 |
| RAID supporté | Oui |
| Modes RAID supporté(s) | 10, 6, 5, 1, RAID 0, JBOD |
| Système de fichier | Btrfs, Ext4 |
| Connecteur(s) | USB 3.2 Gen 2 x2, USB Type C, USB 2.0 x2, HDMI 2.0 |
Compatibilité
| Fonctions du serveur | FTP, Impression, iTunes, Multimédia, Photo, Vidéo-surveillance, Virtualisation, Web |
| Téléchargement sans PC | Oui |
Caractéristiques physiques
| Largeur | 257.5mm |
| Hauteur | 178mm |
| Profondeur | 178mm |
| Poids | 3.8kg |
Les alternatives au NAS UGREEN NASync DXP4800 GT :
- Structure solide, format pratique
- Bonne réserve de puissance CPU
- 2x RJ45 5 GbE avec agrégation
- Design réussi, pratique à l'usage
- CPU 8 cores, RAM 8 Go, 2,5 GbE
- Chauffe peu, consomme peu
